USA, saison 2

Que ça faisait longtemps que je n’avais écrit ici ! De l’eau a coulé sous les ponts, et du kérosène dans les réacteurs des avions. En effet, au mépris du bien de la planète, je suis rentré en France, ai crapahuté sur place pendant l’été.

Depuis mon retour, j’ai notamment suivi un master 2 « recherche en informatique ». Ce M2 impose un stage de recherche sur son second semestre. En ayant lu mon blog l’an dernier, vous avez bien deviné combien j’ai apprécié ma longue visite aux USA : je ne redis pas le bien que je pense du cadre, de Fort Collins, CSU, ses conditions de travail; mais aussi humainement, l’équipe, les amis, les Français de passage…. C’eût été dommage de se priver de revenir ici. Chose faite : je suis revenu pour mon stage de M2 !

Tata, c’est à toi que vont mes pensées en écrivant aujourd’hui; je sais que tu aurais bien aimé revenir aux US, et d’apprendre ce qui t’est arrivé à quelques jours de mon départ m’a profondément attristé. J’ai encore en tête la chanson de Joe Dassin que tu avais passée à ton retour avec ces photos dignes d’un album de Lucky Luke…. En voici une autre dont le titre est aussi évocateur.

Pour se remettre dans l’ambiance !

À vos marques…

Je pense avoir eu le plaisir de revoir un certain nombre d’entre vous, et aussi le malheur de raconter toutes les péripéties administratives qui ont entouré mon deuxième départ. Plus encore que l’an dernier, l’administration m’a donné du fil à retordre… je me suis même senti noyé au mois de janvier. Avis aux amateurs, organiser un stage à l’étranger, lorsqu’il entre dans le cadre d’une formation, ce n’est pas une chose simple…

Pour faire court, il a fallu mettre d’accord des acteurs dans plusieurs institutions : l’ENS, l’université, l’IRISA, la MGEN… et puis demander à nouveau un visa, c’est-à-dire se rendre à Paris pour une petite visite à l’ambassade, où l’on explique le but de son séjour. Entre 10% et 15% de mon temps du semestre (et quelque chose comme 25% du mois de janvier) ont été consacrés à effectuer ces formalités. Ça en fait, des heures au téléphone ou à remplir des papiers.

Ce qui est problématique, ce n’est pas tant la complexité des tâches à réaliser (écrire mes nom, prénom, date de naissance est a priori faisable par n’importe qui), mais plutôt le temps qui passe très, très vite. Les cinq mois du premier semestre sont passés tellement vite, que je n’ai eu le temps de m’y ennuyer !

Mon voyage était assez simplement organisé : ce sera à nouveau un aller-retour Nantes > Munich > Denver et vice-versa. Je trouve cette solution bien plus pratique que de passer par Paris, notamment parce que Nantes est un tout petit aéroport où l’enregistrement est très rapide, qu’il n’y a qu’une seule correspondance à Munich, et que l’arrivée aux US est à Denver.

Le shutdown du gouvernement américain s’est interrompu quelques jours avant mon départ. Sinon, ça aurait encore plus justifié mon arrivée à Denver : le « service minimum » entraînait des heures de queue dans les aéroports, dont Bloomberg estime que ça a été une des raisons qui ont raisonné M. Trump. Ne pas avoir de correspondance voulait dire éviter ces complications : même si la queue à la douane dure longtemps, rater une navette Denver > Fort Collins pose moins de problèmes que rater un avion parce qu’on a eu la queue à la douane puis à la sécurité. J’aime autant un lit douillet à Fort Collins qu’un lit d’hôtel d’aéroport à Chicago, Boston ou Atlanta.

Di Day

Me voilà donc à Nantes, prêt à embarquer pour Fort Collins. J’envoie le dernier DM que j’ai à rendre quelques minutes avant d’embarquer dans l’avion pour Munich (hors de question de travailler dans l’avion). Puis, de longues heures passent.

Le premier avion, me conduisant de Nantes à Munich, part et arrive à l’heure. Pas de buggy cette fois pour me conduire d’avion en avion puisque j’ai presque une demi-heure pour changer. Ça me laisse le temps de passer la douane pour sortir de l’UE (à chacun son Brexit), même d’aller aux toilettes avant d’embarquer pour les USA. Pas le temps de manger par contre, alors que je ne me serais pas privé d’une bonne saucisse bavaroise, comme dernier mets européen. Même s’il était seulement 11 heures.

Embarqué dans l’A350-900 m’emmenant à Denver, j’ai choisi une bonne place : personne n’est devant ! Des américains passant devant moi disent « Man, look at all the legroom! » (« Mec, vise un peu tout l’espace pour les jambes!« ). Jalousie ? Non Monsieur, organisation. Il faut connaître la disposition des avions que vous prenez… et c’est assez facile car la Lufthansa affrète toujours le même type d’avions sur chaque liaison (des 747-400 sur le Francfort-Denver et des A350-900 sur le Munich-Denver).

Il y a de la place !

Nous partons avec une heure de retard, la faute d’abord aux repas pas encore livrés, puis ensuite au passage au glycol, enfin au fait qu’il fallait attendre un créneau de décollage libre pour ne pas retarder les autres avions. Pas de choucroute cette fois à bord, mais du bœuf aux spätzle dans un premier temps, puis du poulet-curry avec du riz dans un second. On a connu pire comme repas à bord.

Mention spéciale aux deux Français situés dans la rangée devant la mienne, partis skier, et qui étaient aussi perdus que moi sur les cases à cocher sur la déclaration en douane, bon retour à eux (ils reviennent ce week-end si j’ai bien compris). Et mention spéciale aussi à S. ???, l’hôtesse de l’air qui s’est distinguée parmi ses pairs sur ce vol, et à qui je dois mon sommeil grâce à son café-cognac.

Arrivé à Denver, ma valise arrive assez tard, mais suffisamment tôt pour que je sois encore à l’heure (à deux minutes près) pour prendre la navette de l’heure qui précède celle que j’ai réservée. Le conducteur accepte de me laisser monter car il y a encore de la place.

Je fais dans cette navette la connaissance d’un jeune homme, qui utilise aussi l’informatique dans son travail, et celui-ci me dit qu’il a dû changer de méthode de travail ces dernières années. Il doit aujourd’hui non plus pondre des algorithmes, mais optimiser ceux qui existent, car avec les volumes de données qu’il a à traiter, les machines ne suivent plus ! Et il me parle de division de l’espace des données, de découpage du problème et de parallélisme… c’est exactement ce que l’on fait dans le groupe de Sanjay à Fort Collins ! Comme quoi, le polyédrique a de l’avenir.

Retrouvailles

Arrivé à CSU, je file immédiatement au café. Nirmal m’y attend, et quel plaisir de la retrouver ! Sanjay et Steven (mon encadrant côté IRISA, venu aux US) m’y rejoignent. Je suis un peu dans les choux après une journée de quasiment vingt heures (dont quatre ou cinq de sommeil dans l’avion, ce qui est vraiment pas mal). Il faudra se coucher vers 21 ou 22 heures pour se mettre bien dans le rythme : nous irons donc manger ensemble, Nirmal et moi, ce soir.

Des amis de Nirmal se joignent à elle et nous allons manger thaï. Je n’ai pas oublié que Fort Collins est une cuisine à ciel ouvert, et si vous prenez un pays sur la carte (par exemple l’Australie. « Oh non, pas encore ! Ah bah c’est le jeu, ma pauvre Lucette !« ), vous trouverez un restaurant qui propose les saveurs de ce pays.

J’ai réservé une chambre d’hôtes sur AirBNB pour mon arrivée (moi, l’ennemi des applications et autres start-up mobiles et connectées, j’ai osé faire ça), et je me couche sans aucun mal. Réveillé à 5 heures 30 du matin, je patiente jusqu’à 6 heures, puis me lève pour commencer la journée.

Il fait étonnamment beau ces jours-ci à Fort Collins. Le thermomètre affiche +5°C, il n’y a quasiment pas de neige, les voitures ne sont pas gelées… qu’est-il arrivé à l’hiver ? Je m’en veux presque d’avoir dit qu’il neigeait l’an dernier à qui est venu cet hiver.

Je chie, je fais du bruit, on n’a pas le droit de me déranger, je suis, je suis, je suis ?

Au travail !

Eh oui, mon stage commence officiellement le 1er février, un vendredi. J’arrive à 7h45 au département d’informatique et n’ai pas perdu mes bonnes habitudes : tout commence par un café à Sweet Sinsations. Les serveurs de l’an dernier sont toujours là. Je les reconnais, mais pas eux (vu le nombre de clients qu’ils ont… c’est normal !).

À neuf heures du matin, l’installation à CSU est terminée : j’ai un bureau, un compte informatique, un badge, un compte en banque, un numéro de sécurité sociale. En fait, de tout ce qui a été fait l’an dernier, rien n’a été supprimé… et tout revient immédiatement. Quel bonheur de ne pas avoir de démarches à refaire !

Cette année, je travaillerai sur de la compression de données, toujours sur FPGA (comme les années précédentes, je laisse les CPU et les GPU aux amoureux de ces plateformes).

C’est avec plaisir que je retrouve les étudiants que j’ai épaulés l’an dernier dans le cadre d’un projet de recherche toujours en cours. Pendant mon absence, ils ont fait des progrès considérables et ont obtenu des résultats primés en conférence. Je les en félicite et leur souhaite de continuer ainsi.

Repos !

Le premier week-end a été somme toute assez rapide car j’ai beaucoup dormi. Il fallait récupérer non seulement du voyage, mais aussi de ce mois de janvier terriblement occupé. Un certain D. disait « Ce stage va ressembler à des vacances après un tel mois de janvier » et il n’a pas tort.

Dimanche, j’étais invité chez deux graduate students de CSU, pour y manger iranien. Une bonne partie de l’équipe était aussi invitée. Et le moins qu’on puisse dire, c’est que c’est très bon ! Non seulement parce que monsieur cuisine très bien (cordon bleu, c’est rien de le dire), et parce qu’ils ont du goût sans forcément tout épicer. En fait, on retrouve pas mal de saveurs européennes… c’est-à-dire des aliments assez peu assaisonnés ou en sauce, accompagnés de viande. Miam. Merci à eux de m’avoir reçu.

Au passage, le Superbowl était ce jour-là, et les Patriots le jouaient encore… et ont gagné. Tricheurs.

Je vous raconterai la première semaine dans un autre billet. En attendant, je referme celui-ci sur une petite note à faire rougir les « gilets jaunes »…

Moins de 2$ le gallon, soit moins de 0.50€ le litre !

4 réflexions sur « USA, saison 2 »

  1. Salut
    Merci pour ce bon moment de lecture. Papy ne lit pas de roman mais là il prend du plaisir à lire. Peut être qu’à l’école élémentaire l’instit aurait du me donner une telle prose. Nous voyons que l’adaptation saison 2 est beaucoup plus aisée. Que seront les saisons suivantes!!!!!!! On n’avait bien senti en janvier que tu étais au bord de la saturation. Profite bien de ces bons moments.
    A bientôt
    Papy Mamie

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