De Nantes à Montaigu, la digue, la digue…

Bon, je vous laisse finir la chanson paillarde, hein. Vous la connaissez… et je ne tiens pas à heurter les âmes sensibles qui passent par là. Car oui, je suis passé en Bretagne, et vous me direz, quel rapport avec les USA ? J’y fais tout simplement le touriste.

Alors voici un petit récit de mon passage à la capitale des ducs de Bretagne, Nantes; ce n’est pas la première fois que j’y passe, mais la première fois que je la visite. Nous étions le 10 janvier 2018, je venais d’avoir soutenu la première partie de mon stage à Rennes (sous un beau soleil, n’en déplaise aux mécréants anti-Bretons qui soutiennent qu’il y pleut tout le temps). Pourquoi me suis-je rendu à Nantes ? La raison tient à l’avion. Il n’y avait pas de vols pour les USA depuis Rennes qui évitait les aéroports parisiens, ainsi que JFK (à New York) et ORD (à Chicago). J’ai donc décidé de passer par Nantes, où la Lufthansa fait des vols directs vers son hub à Munich, d’où il y a un vol direct pour Denver. 

Fi de ces considérations, voici le récit de cette courte mais intense visite. Je pars à huit heures du matin de Rennes, en TER, dans un train quasiment vide, mais qui ne s’arrêtera pas jusqu’à son terminus, Nantes. Le trajet dure deux heures, soit à peine plus que le temps qu’il faut pour le faire en voiture. Je débarque donc de la gare à dix heures.

Première difficulté, trouver une consigne à bagages. En effet, j’ai ma valise sur moi car je décolle le lendemain… et la gare SNCF ne dispose plus de consignes à bagages ! Pire encore, la guichetière de la SNCF n’avait pas la moindre idée d’où je pouvais en trouver une en ville. C’est scandaleux… alors Internet m’a sauvé. Il a fallu que je m’inscrive sur un service en ligne (bouh, ce que j’aime pas ça…), et un peu à la manière de Blablacar qui ne vous donne le contact du chauffeur que lorsque vous avez payé, surtout sa commission, j’ai payé et ai eu l’adresse de mon « bagage-nanny » comme ils l’appellent. C’est un hôtel à proximité de la gare qui a pris ma valise. Notez que la bagagerie de cet hôtel n’est pas utilisable hors du site en question -peut-être pour éviter que la prochaine fois, je m’adresse directement à eux et zappe la commission du site. Business is business, et vive les start-up sur Internet qui vendent du vent.

Bref, je ne peux commencer ma visite qu’à onze heures du matin. En passant derrière la gare, on aperçoit une tour un peu particulière. C’est celle de LU (Lefèvre Utile, pour vous qui vous gavez de petits-beurres LU ou de Prince de LU). 

La tour Lefèvre-Utile.

Remarquez l’emblème « LU » (malgré le contrejour) qu’on peut apercevoir sur la cloche de la tour. Elle n’est pas facile à photographier car pour se mettre à sa hauteur, il faut aller sur une voie rapide…

Je prends le tramway en direction du centre, à la station « Commerce », le « Châtelet » de Nantes. Depuis là, je peux me rendre aisément au château des ducs de Bretagne, dans lequel l’accès aux remparts est gratuit. Les remparts sont évidemment protégés par une douve, dans laquelle vous devez tomber si vous êtes un envahisseur anglais, au hasard.

La douve vue de dessus…
… et vue de dessous.

La cour principale du château est grande ; il y a plusieurs cours, mais il ne serait pas étonnant que celle-ci serve parfois d’espace de spectacle.

La cour principale du château des Ducs de Bretagne.

Dans les remparts se trouvent également des tours fortifiées, utilisées à l’origine pour tirer à travers leurs meurtrières. En d’autres temps, certaines de ces tours ont également été transformées en donjon, mais les écriteaux ne racontent pas qui y a été enfermé. 

Le château est très bien conservé, et la visite en est agréable. Je vous recommande d’y aller si vous passez par là.

Midi arrive, et c’est l’heure de manger. Les rues piétonnes de Nantes regorgent de restaurants et bistrots, ce n’est pas le choix qui manque. En revanche, j’ai envie de manger un peu autre chose qu’une galette… alors je me dirige vers un restaurant à pommes de terre. 

La raclette…
… et sa profiterole en dessert. Bon appétit !

Quand vous sortez de ce restaurant, vous avez l’estomac rempli, c’est le moins qu’on puisse dire. Il s’appelle Amour de pomme de terre, est situé au 4 rue des Halles. Adresse à recommander si vous y passez !

Ma visite continue, je souhaite aller aux Machines de l’Île, sur l’Île de Nantes (qui est une célèbre attraction de la ville). Je m’y rends, en passant par un quartier qui s’appelle Beaulieu… chers amis rennais, vous n’en avez pas l’exclusivité ! (Le campus sur lequel est assise la faculté des sciences de l’université de Rennes 1 s’appelle Beaulieu, pour les non-initiés.)

Beaulieu à Nantes !

Hélas pour les Machines de l’Île, c’était le premier jour de fermeture pour maintenance et renouvellement de l’exposition. J’ai mal choisi mon jour… et n’ai eu pour toute consolation que cet espèce de tigre, attendant à l’extérieur.

La seule machine de l’Île visible hors du centre d’exposition, alors fermé.

Dommage pour les Machines, mais j’aurai au moins fait une belle marche pour m’y rendre. Pour ne rien vous cacher, j’avais lu ma carte à l’envers, alors j’ai remonté toute une rue jusqu’à Beaulieu, alors qu’il fallait la redescendre… et j’ai constaté que le quartier de l’île de Nantes est en fait assez résidentiel et calme, la vie se passant véritablement à son nord.

Je reviens alors sur le centre-ville, me rends à l’office du tourisme, et sur leurs bons conseils, vais faire un tour dans un passage piéton, le passage Pommeraye. C’est une galerie marchande sur plusieurs étages, je dirais un peu que c’est l’ancêtre des grands centres commerciaux de banlieue que nous connaissons aujourd’hui, car s’y côtoient cafés, boutiques de vêtements, d’optique, coiffeurs… le tout dans un bâtiment qui semble préservé. Au passage, m’ont soufflé les guides, il se trouve au sol dans Nantes une ligne rouge. Elle correspond à un circuit touristique : si vous la suivez, vous aurez visité l’essentiel des attractions touristiques de l’ancienne capitale de la Bretagne.

Le passage Pommeraye, encore décoré aux couleurs de Noël.

Vous me connaissez, je ne suis pas très shopping, alors je ne m’y éternise pas. C’est surtout pour le lieu que je suis venu… je continue alors ma visite en direction du mémorial de l’abolition de l’esclavage, inauguré sous l’ère Hollande. Sur mon chemin, je rencontre un bateau-musée de l’armée que j’avais repéré en revenant des Machines de l’Île.

Le bateau-musée de la marine, pris en revenant des Machines de l’Île.

La visite était supposée être ouverte ce jour, mais personne n’était dans la guitoune. Peut être étais-je déjà en-dehors des horaires de visite. En tout état de cause, la devanture disait qu’on pouvait visiter la quasi-totalité des installations de communication, la cantine, les cabines; bref, ce dans quoi vivaient les militaires en mission. Ce vaisseau semblait destiné aux communications radio, vu le nombre important d’antennes à son bord.

Et en parlant de bateaux, c’était par ce moyen également qu’étaient acheminés de nombreux esclaves, venus d’Afrique le plus souvent, débarquant en France (ce qui a valu à Nantes son nom de port négrier). Nantes était le port qui accueillait le plus d’esclaves, qui après étaient répartis ailleurs en Europe; le mémorial de l’abolition de l’esclavage rappelle ces faits, ainsi que ceux qui étaient amenés en Amérique par des vaisseaux européens. Ceux-là étaient bien plus nombreux mais tout aussi mal traités. 

Le mémorial de l’abolition de l’esclavage.

Ce mémorial est construit en sous-sol, sur les quais de la Loire. C’est tout un symbole : c’est supposé rappeler que les esclaves étaient enfermés dans les cales des bateaux, en-dessous des ponts. Cet endroit est peu fréquenté : j’y étais seul durant ma visite.

Pour finir la journée, car il était dix-sept heures trente passées, je retourne au centre-ville et m’asseois à la terrasse d’un café. Il faisait beau, alors il fallait en profiter, et c’était le dernier jour où je pouvais boire une bière française à un prix breton (c’est-à-dire bien moins cher qu’aux USA avec ses 7 dollars la pinte). À l’heure de sortie des bureaux, ça grouille de monde dans le centre-ville de Nantes et dans son tramway… Je vais manger vers dix-huit heures trente, un sandwich beaucoup plus léger que la raclette du midi que j’ai encore sur le ventre, puis prends la direction de l’aéroport, où j’ai réservé un hôtel. 

Il est facile de se rendre à l’aéroport de Nantes en transports en commun. Depuis le terminus du tramway, un bus fait la navette avec le parking de l’aéroport. En revanche, pour se rendre à l’hôtel depuis le parking, cherchez bien la sortie : elle est minuscule, cachée, et vous devez traverser une voie très circulante pour aller vers les hôtels. Cela mériterait un peu de signalétique, et il est grand temps d’engager ce chantier dans la mesure où l’aéroport de Notre-Dame-des-Landes ne sera pas construit.

Voilà pour ma visite de Nantes; je n’ai pas autant détaillé ce que j’y ai vu qu’à New York, mais vous aurez moins de mal à vous y rendre en train ou en avion, en venant de France ou de Suisse 😉

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